Accord de cessation des hostilités entre deux communautés Touaregs rivales du Mali

Les communautés Daoussahaq (Tarbanassa et Ibhawan) et Imajgan (Targaitamout) de la région de Ménaka au nord du Mali ont renouvelé le 1er juin leur engagement en faveur de la mise en œuvre de l’accord de cessation des hostilités signé entre les deux communautés Touaregs le 28 avril 2018 à Niamey, au Niger.

Fruit d’une médiation de cinq mois menée par le Centre pour le dialogue humanitaire (HD), l’accord marque la fin d’un conflit récurrent entre les deux communautés depuis plus de trois décennies. Signé en présence de représentants du Ministre nigérien de l’Intérieur et de la Haute autorité nigérienne pour la consolidation de la paix, ainsi que de représentants des Autorités intérimaires de la région de Ménaka, des maires des communes affectées par le conflit, et de citoyens de ces localités, l’accord engage les deux communautés à :

  • Cesser immédiatement les hostilités ;
  • Privilégier le recours aux organes traditionnels de médiation pour prévenir et gérer leurs différends ;
  • Condamner conjointement tout acte de violence susceptible d’être commis à l’avenir par l’un des membres de leur communauté ;
  • Lutter conjointement contre le vol de bétails qui entraine des cycles de représailles armées ; et,
  • Respecter les us et coutumes de chacune des communautés en matière de transhumance et d’exploitation des ressources naturelles afin de prévenir les conflits.

«La réussite de cet accord réside dans le fait que son contenu a été décidé par les communautés elles-mêmes. Cela facilite son appropriation et sa mise en œuvre au profit d’une amélioration du niveau de sécurité des populations et de la reprise des activités économiques dans la région de Ménaka.» a expliqué Abdelkader Sidibé, Chef de mission de HD pour le Sahel. «Cet accord demeure néanmoins fragile en raison de l’insécurité chronique qui affecte la région de Ménaka et dont le conflit entre les communautés Daoussahaq et Imajgan est l’une des nombreuses conséquences.» a-t-il ajouté.

Accord de cessation des hostilités entre deux communautés Touaregs rivales du Mali

HD a également renforcé la portée du processus de paix en associant les groupes armés circulant dans la région à chaque étape de la résolution du conflit, y compris la négociation de l’accord. De la même manière, les autorités maliennes et nigériennes ont été étroitement informées de la médiation conduite par HD et ont signé l’accord afin de l’appuyer. Elles ont par ailleurs été sollicitées par les parties pour renforcer le développement des zones pastorales afin de prévenir de futurs conflits.

Depuis la signature de l’accord fin avril, HD appuie également la commission de suivi instaurée à la demande des parties autour du maire de la commune d’Anderamboukane, et constituée de 12 membres identifiés collégialement.

Depuis 2013, la région pastorale de Ménaka (env. 100 000 habitants pour une surface de 80 000 km2) au Mali est le théâtre d’affrontements entre les communautés Daoussahaq et Imajgan qui, selon les parties au conflit, auraient fait une quarantaine de morts et entrainé le vol de plusieurs milliers de têtes de bétail. Le conflit trouve son origine dans les années 80. Suite à de grandes sécheresses, la communauté Daoussahaq s’est progressivement opposée à l’impôt traditionnel prélevé par la communauté des Imajgan sous forme de vols de bétails. Avec le conflit malien de 2012, les affrontements ont pris une nouvelle ampleur en raison des alliances nouées par les communautés avec différents groupes armés circulant dans la région.

HD souhaite exprimer sa gratitude aux autorités du Mali et du Niger ainsi qu’aux négociateurs des deux parties pour leur confiance et leur collaboration qui ont permis l’aboutissement de cette médiation. HD formule également le souhait que les parties renoncent définitivement, par le biais de cet accord, à la violence. L’organisation demeure en outre à la disposition des parties pour régler tout différend futur par la médiation.

L’accord signé le 28 avril s’inscrit plus largement dans les efforts de médiation déployés par HD depuis 2015 au sein des communautés agro-pastorales le long des routes de transhumance des régions frontalières du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

L’organisation souhaite exprimer sa gratitude au Royaume du Danemark pour son soutien à ses activités dans la région depuis plus de trois ans.

***FIN***

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Pour plus d’information sur les activités de médiation de HD dans les régions frontalières du Mali, du Burkina Faso et du Niger, merci de visiter la page suivante :

Le pastoralisme dans la région du Sahel

 

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