Signature d’un accord de paix entre les communautés Idourfane et Ibogolitane à la frontière entre le Mali et le Niger

Les communautés Idourfane et Ibogolitane des régions de Gao et Ménaka au Mali et de Tillabéry au Niger ont signé, mardi 20 novembre 2018 à Gao, un accord  mettant un terme au conflit meurtrier qui les oppose depuis plus d’une année.

Fruit d’une médiation menée par le Centre pour le dialogue humanitaire (HD), l’accord a été signé par six chefs communautaires Idourfanes et Ibogolitanes désignés par leur communauté du Mali et du Niger pour les représenter.

Par cet accord, les deux communautés s’engagent à :

  • Cesser les affrontements et condamner conjointement tout acte de violence susceptible d’être commis à l’avenir par l’un des membres de leur communauté ;
  • Se référer aux autorités compétentes du Mali et du Niger en cas de menaces ou d’attaques ;
  • Privilégier le recours aux mécanismes traditionnels de médiation pour prévenir et gérer leurs différends ;
  • Sensibiliser les jeunes et les leaders d’opinion à s’engager en faveur de la paix ;
  • Faciliter le retour des déplacés sur leurs sites d’origine ;
  • Présenter leurs condoléances aux familles des victimes du conflit  par la voix des chefs des deux communautés ;
  • S’opposer aux vols de bétail et aux pillages quel que soit la communauté du propriétaire, et faciliter les recherches des biens et animaux volés afin qu’ils soient restitués à leurs propriétaires ;
  • Faire un suivi régulier de la mise en œuvre du présent accord et en rendre compte de manière régulière auprès des communautés. 

Cet accord met un terme à plus d’une année d’affrontements intercommunautaires qui ont entraîné la mort d’une soixantaine de personnes au cours des six derniers mois. Le conflit,  qui trouve son origine dans une lutte pour l’accès aux ressources naturelles de la région, affecte actuellement neuf communes du Mali et quatre du Niger.

La médiation, initiée à la demande des communautés elles-mêmes, a rassemblé l’ensemble des parties ayant une influence sur le conflit, y compris les leaders de la communauté peulh, des représentants des femmes et des jeunes des communautés signataires, ainsi que les groupes armés ayant participé aux affrontements (CMA, Plateforme et MSA). Les autorités maliennes et nigériennes ont quant à elles été tenues étroitement informées de la médiation conduite par HD.

« Il est important que les communautés poursuivent un dialogue étroit avec les autorités maliennes et nigériennes afin de garantir la mise en œuvre et la pérennité de l’accord. Cette signature ne mettra pas fin du jour au lendemain aux violences entre les communautés mais constitue une base solide sur laquelle elles peuvent s’appuyer pour gérer leurs différends de manière négociée. » a déclaré Abdelkader Sidibé, Chef de mission de HD pour le Sahel.

Dans ce contexte fragile, HD apportera également son soutien au comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord, institué lors de sa signature et composé de représentants des deux communautés.

L’accord de Gao s’inscrit dans le cadre des efforts de médiation déployés par HD en soutien à la stabilisation des régions frontalières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

HD souhaite exprimer sa gratitude au Royaume du Danemark pour son soutien à son action au Sahel.

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Une copie de l’accord de Gao est disponible ici.

Pour plus d’informations, merci d’envoyer un email à pr@hdcentre.org.