Tunisie

Suite à des manifestations pacifiques qui se sont déroulées  fin 2010, le régime de Zine El-Abidine Ben Ali est tombé en janvier 2011. Depuis, la Tunisie est bien souvent considérée comme l’exemple le plus prometteur de transformation démocratique parmi les pays du « printemps arabe ». Le pays traverse toutefois une période de transition intense et mouvementée. Comme l’ont montré les manifestations du début de l’année 2018, des menaces sérieuses pèsent sur le processus de démocratisation, dont la réussite est loin d’être garantie.

HD mène une action discrète et informelle dans le pays depuis 2011, dialoguant avec les différentes parties prenantes pour favoriser un consensus quant à la transition démocratique en cours. L’organisation soutient en particulier un dialogue inclusif entre les partis politiques afin d’éviter que ce processus délicat ne soit mis en péril par des tensions et des violences.

En juillet 2014, ces échanges ont abouti à la signature par 19 des principaux partis politiques tunisiens d’une Charte d’honneur visant à garantir la tenue d’élections libres. La Charte a été élaborée et adoptée par les principaux partis politiques lors d’un processus facilité par HD qui a duré près de huit mois. Elle a permis aux élections législatives et présidentielles de 2014de se dérouler dans de bonnes conditions, sans que le climat concurrentiel propre à toute campagne électorale ne vienne compromettre leur réussite. Depuis les élections, l’organisation poursuit son action en Tunisie en aidant les acteurs institutionnels et politiques à affronter les difficultés que connaît le pays par le biais du dialogue et de la médiation.

Historique

Suite à des manifestations pacifiques qui se sont déroulées fin 2010le régime de Zine El-Abidine Ben Ali est tombé en janvier 2011. Le départ du dirigeant a mis un terme à cinquante ans d’autoritarisme en Tunisie.

En octobre 2011 se sont tenues les premières élections démocratiques organisées dans le pays. Ces élections ont donné lieu à la formation d’un gouvernement de coalition appelé « la Troïka », et composé de trois partis politiques : Ennahdha, le parti islamique tunisien ; Ettakatol, le parti socialiste ; et le Congrès pour la République, parti de centre gauche.

Malgré cette coalition relativement large, de nombreuses divisions ont subsisté entre la Troïka et les partis d’opposition, et le pays a connu une forte polarisation politique. Le débat public est demeuré très tendu : il existait peu ou prou de consensus entre les différents acteurs, qui se montraient peu enclins à accepter les concessions politiques Le pays a également fait face à de profondes crises politiques en 2013, après l’assassinat de Chokri Belaïd puis de Mohamed Brahmi, deux grandes figures de l’opposition laïque.

Grâce à un processus de dialogue national mené par des organisations clés de la société civile tunisienne, le pays a néanmoins réussi à sortir de cette période difficile. Après avoir adopté une nouvelle constitution le 26 janvier 2014, l’Assemblée nationale constituante s’est attelée à la préparation des élections. Le scrutin législatif a eu lieu le 26 octobre, dans des conditions de transparence, de sécurité et d’équité globalement satisfaisantes. Malgré une campagne houleuse, le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé le 23 novembre sans incident violent. Il s’agissait pour le pays du premier scrutin présidentiel réellement pluraliste, avec 27 candidats en lice. À l’issue du second tour, qui a eu lieu le 22 décembre 2014, Béji Caïd Essebsi est devenu le premier président de Tunisie démocratiquement élu.

C’était là une deuxième victoire pour le parti de Béji Caïd Essebsi, sa formation laïque, Nidaa Tounes étant déjà arrivée en tête des élections législatives. Malgré ce succès, Nidaa Tounes et ses alliés n’ont pas remporté une majorité suffisante pour former un gouvernement, d’où la décision de former une coalition avec leur rival, Ennahdha, au début de l’année 2015.

Il reste pour la Tunisie de nombreux défis à relever. Les maux économiques et sociaux qui, de l’avis général, ont déclenché les manifestations de 2011, sont restés sans réponse. De plus, le pays doit faire face à d’importants problèmes de sécurité, aggravés par l’instabilité qui règne en Libye voisine. En 2015, la Tunisie a été frappée par des attaques terroristes meurtrières ciblant des étrangers, au musée du Bardo de Tunis, le 18 mars, puis dans la station balnéaire de Sousse, le 26 juin. Ces attentats ont été revendiqués par l’organisation « État islamique ». Le 8 mars 2016, le même groupe a lancé contre Ben Gardane, ville frontalière de la Libye, une attaque qui a fait 55 victimes. Un gouvernement d’unité nationale a été formé en août 2016, mais les élections municipales ont été reportées et la classe politique jouit d’un faible crédit auprès de la population tunisienne.

Signing of the Charter of Honour, Tunisia, July 2014

Activités

Présent en Tunisie depuis 2011, HD est essentiellement intervenu pour faciliter, de façon discrète et informelle, un dialogue entre les acteurs politiques du processus de transition démocratique. L’objectif de l’organisation était de favoriser une compréhension mutuelle et un consensus entre ces parties, mais aussi d’atténuer les tensions et les risques de violences.

Tout au long de l’année 2013, HD a assuré une liaison entre des personnalités politiques clés du pays, faisant la navette entre elles afin de transmettre leurs points de vue respectifs et de proposer des solutions pour régler les crises politique et sécuritaire. L’organisation a ainsi contribué à des avancées importantes pour le processus démocratique.

Au cours du premier semestre 2014, HD a par ailleurs soutenu un dialogue informel entre les principaux partis politiques du pays, travail qui a abouti à l’élaboration de la Charte d’honneur pour les élections et les référendums de la République tunisienne. La Charte a permis aux élections de se dérouler dans de bonnes conditions, sans que la compétition qui accompagne toute campagne électorale ne vienne en compromettre la réussite.

Signée officiellement le 22 juillet 2014, la Charte d’honneur a été adoptée par la quasi-totalité des 30 partis politiques du pays avant les élections de 2014. Après sa signature, HD a activement soutenu la promotion de ce texte notamment par le biais d’une campagne de sensibilisation dans les médias tunisiens.

En 2015 et 2016, HD a organisé d’importantes consultations auprès des acteurs politiques et institutionnels du pays au sujet des difficultés rencontrées par la Tunisie. La sécurité ainsi que l’impact sur le pays de la situation en Libye voisine ont fait l’objet d’une attention particulière au cours de ces échanges. Aujourd’hui, HD continue à soutenir la transition démocratique de la Tunisie par le biais du dialogue et de la médiation.

Soutien financier

HD souhaite exprimer sa reconnaissance au Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse et au ministère danois des Affaires étrangères, qui ont soutenu ses activités en Tunisie.

Accords et déclarations

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