Timor Oriental

HD est intervenu au Timor oriental dès 2007 pour tenter de résoudre le conflit opposant le gouvernement à un groupe de soldats, signataires d’une pétition accusant l’armée nationale de discriminations à leur égard. La question de ces soldats « pétitionnaires » a été le principal déclencheur de la crise qui a frappé le pays en 2006. Le major Alfredo Reinado, qui avait déserté l’armée au plus fort de la crise pour soutenir les pétitionnaires, faisait l’objet d’une gigantesque chasse à l’homme depuis son évasion d’une prison de Dili, en août 2006. Les bons offices de HD ont été sollicités pour faciliter un processus de dialogue visant à régler le conflit avec le major Reinado et son groupe ainsi que le problème irrésolu des pétitionnaires.

Historique

La crise qui a éclaté en 2006 au Timor oriental a été déclenchée par un groupe de soldats provenant majoritairement des districts de l’ouest du pays, signataires d’une pétition accusant leurs supérieurs de l’est de discriminations au sein de l’armée nationale (la Falintil-Força da Defesa de Timor Lorosa’e ou F‑FDTL).

Près de 600 de ces « pétitionnaires » ont été révoqués par le gouvernement, ce qui a entraîné une vague de troubles et de violences. Les émeutes et les affrontements armés entre les forces de sécurité nationale ont causé le déplacement de 150’000 personnes et la mort de 37 autres. Ces violences étaient le plus souvent liées à des tensions ethniques opposant les Lorosae, issus de l’est du pays, aux Loromuno, originaires de l’ouest. La crise a provoqué la démission du Premier ministre Alkatiri et donné lieu à un renforcement de la présence des Nations Unies dans le pays, avec le déploiement d’une mission de maintien de la paix sur l’ensemble du territoire.

Le major Alfredo Reinado, qui avait quitté la F‑FDTL au plus fort de la crise pour soutenir les pétitionnaires, était le plus haut gradé parmi les déserteurs. Le 23 avril 2006, aux côtés d’autres soldats de l’armée nationale, il a pris part à une fusillade qui a coûté la vie à deux personnes et soulevé de nouvelles vagues de violence. Arrêté en juillet 2006, il s’est évadé de prison avec un groupe de partisans à la fin du mois d’août.

Au cours des mois qui ont suivi, Alfredo Reinado a fait l’objet d’une gigantesque chasse à l’homme. En mars 2007, une offensive visant à le capturer s’est soldée par un échec, faisant cinq victimes parmi ses partisans. L’événement a aggravé les tensions dans la ville de Dili et ses alentours ainsi que dans l’ouest du pays, menaçant d’empêcher, au mois d’avril de la même année, le bon déroulement d’une élection présidentielle pourtant cruciale. Bien que le nouveau président élu, José Ramos-Horta, ait suspendu l’opération militaire menée contre Alfredo Reinado en juin, celui-ci est resté en fuite.

La question du major Reinado représentait alors la plus grave menace pour la sécurité et la stabilité nationales dans un pays qui peinait à maîtriser les tensions politiques et ethniques ravivées par la crise de 2006. L’officier charismatique bénéficiait en outre du soutien de nombreux Loromuno et d’une vaste partie de la jeunesse du Timor oriental, ce qui compliquait encore la situation.

Activités

HD s’est engagé au Timor oriental après avoir mené deux missions d’évaluation dans le pays, en mai et juin 2007. Pendant ces visites, plusieurs réunions ont été organisées avec le président Ramos-Horta ainsi qu’avec d’autres représentants du gouvernement, de l’Église, de la F‑FDTL, de la PNTL (la Police nationale du Timor oriental), et de la société civile. HD a également rencontré à plusieurs reprises le major Reinado ainsi que le lieutenant Gastão Salsinha, le leader des soldats rebelles. La proposition de HD de fournir ses bons offices et de jouer le rôle de facilitateur dans le cadre d’un processus de dialogue a été acceptée par toutes les parties.

Le président du Timor oriental a en particulier demandé à HD de faciliter le règlement pacifique : 1) du conflit avec le major Reinado et son groupe ; et 2) du problème irrésolu des pétitionnaires. Pour ce faire, HD a ouvert une petite antenne à Dili en septembre 2007.

Le 19 août 2007, HD a facilité une rencontre cruciale entre le major Reinado et le président Ramos-Horta, la première depuis l’investiture de ce dernier. Cette réunion a représenté une étape déterminante dans l’instauration d’une relation de confiance entre les deux hommes, qui ont ainsi pu discuter longuement des événements survenus au cours des dix-huit mois écoulés. Elle a également marqué l’ouverture officielle d’un processus de dialogue que les deux parties avaient réclamé publiquement.

Cette rencontre a en outre ouvert la voie à la création d’un groupe de travail national dirigé par le secrétaire d’État à la Sécurité. Peu après, en octobre 2007, le Premier ministre a institué un conseil directeur multipartite chargé de coordonner le processus de dialogue entrepris avec le major Reinado et d’en définir les modalités. Le groupe de travail puis le conseil directeur se sont réunis régulièrement au cours des mois de septembre et d’octobre. D’autres acteurs clés, notamment le procureur général et le chef de la Police civile des Nations Unies, ont été invités à participer au dialogue et à donner leur point de vue sur les questions à l’étude.

Le 12 octobre, suite à une réunion de suivi organisée par HD et à la demande du conseil directeur, le président Ramos-Horta a publié une lettre garantissant la liberté de mouvement du major Reinado et de son groupe. La lettre réaffirmait également la suspension des opérations militaires menées contre les fugitifs pendant la durée du processus de dialogue, stipulant que ceux-ci ne seraient pas arrêtés.

Entre octobre 2007 et janvier 2008, plusieurs cycles de négociation directe ont été organisés entre le gouvernement et le major Reinado. Deux visites de terrain destinées à examiner des emplacements possibles pour le cantonnement du major et de son groupe, étape suivante du processus, ont également été entreprises.

Le 11 février 2008, le président Ramos-Horta et le Premier ministre Xanana Gusmão ont été attaqués par des hommes armés devant leurs résidences respectives. Le Premier ministre a échappé à l’attentat, mais le président a été grièvement blessé. Le major Reinado a quant a lui été tué lors de l’attaque qui visait le président.

À la suite de ces événements dramatiques, HD s’est employé à faciliter la reddition des personnes impliquées. L’organisation a ouvert des négociations directes avec le lieutenant Gastão Salsinha, le leader des rebelles. Menée sous la direction des autorités du Timor oriental et en coordination avec ces dernières, l’initiative a porté ses fruits et le lieutenant Salsinha et ses partisans armés se sont rendus à la justice le 29 avril 2008 à Dili.

Suite à cela, HD a maintenu des contacts réguliers avec toutes les parties est-timoraises. Sollicitée pour apporter son soutien à une reprise des efforts de dialogue et de réconciliation, l’organisation a effectué des visites régulières dans le pays entre juillet et septembre 2008. Suite à ces dernières, le cabinet présidentiel a demandé l’aide de HD pour élaborer un processus de dialogue national instauré par le président Ramos-Horta.

À cet effet, l’organisation a signé un protocole d’entente définissant les modalités de cette aide le 19 novembre 2008 à Dili.

Dans le cadre de ce protocole, l’organisation a fourni au cabinet présidentiel de l’expertise sur les diverses formes de processus de dialogue national envisagées. En collaboration avec le cabinet présidentiel et le Centre d’études pour la paix et le développement, HD a notamment organisé à Dili, en mai 2009, un atelier destiné aux futurs leaders du pays. Des représentants du Parlement, des forces de police, de la communauté internationale et des Nations Unies ont participé à l’événement, inauguré officiellement par le président Ramos-Horta.

En raison de différents facteurs, notamment le déficit de confiance entre les différentes parties et le faible intérêt témoigné par les bailleurs de fonds, cette initiative de dialogue national n’a toutefois connu que peu d’avancées. HD a donc suspendu ses opérations au Timor oriental.

Soutien financier

HD remercie le ministère irlandais des Affaires étrangères (Irish Aid) pour le soutien financier qu’il a apporté à ce projet.

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