Gambie

En décembre 2016, le président sortant, Yahya Jammeh, a contesté la victoire à l’élection présidentielle gambienne d’Adama Barrow, le candidat de la Coalition d’opposition, Gambie 2016, plongeant de ce fait le pays dans une profonde crise. Au début de l’année 2017, l’impasse politique a été débloquée permettant au président élu de prendre ses fonctions. Depuis lors, HD facilite le dialogue entre les membres de la Coalition Gambie 2016, qui forment l’actuel gouvernement, ainsi qu’entre les neuf formations politiques enregistrées dans le pays, sous les auspices du Comité interpartis (CIP).

Historique

Après avoir pris le pouvoir par la force en renversant le président Dawda Jawara en juillet 1994, Yahya Jammeh a dirigé la Gambie jusqu’en janvier 2017. Une crise a éclaté en 2016, lorsque Jammeh est revenu sur sa décision initiale d’accepter le résultat de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, dont la victoire avait été attribuée par la Commission électorale indépendante (CEI) à Adama Barrow, candidat de consensus d’une coalition de partis d’opposition formée à la hâte. Suite l’exil de Jammeh en Guinée équatoriale en janvier 2017, Barrow a hérité d’un pays divisé, gouverné par une coalition politique fragile dont les membres étaient loin de partager la même idéologie et la même vision d’avenir pour leur pays.

L’ouverture de l’espace politique qui a suivi l’entrée en fonction du président élu a donné à la Gambie une rare opportunité d’élargir son processus politique et de renforcer la démocratie. En mars 2017, les neuf formations politiques de la Gambie ont conclu un protocole d’entente sous les auspices du Comité interpartis (CIP), organe qui regroupe l’ensemble des partis enregistrés dans le pays. Les signataires se sont engagés à s’abstenir de toute intimidation ou violence politique, à accepter les résultats des élections dès lors qu’elles sont transparentes et crédibles, à instaurer des relations mutuelles fondées sur le dialogue et la coopération, et à collaborer avec la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de garantir le bon déroulement des élections.

HD a débuté son action en Gambie le 4 avril 2017, date des élections parlementaires, en déployant une mission d’évaluation dans le pays. En tant qu’observatrice électorale approuvée par la CEI, l’organisation a entrepris des consultations auprès d’acteurs issus de l’ensemble de la scène politique.

Activités

En avril 2017, HD a établi rencontré l’ensemble des acteurs politiques concernés, notamment des membres de la Coalition Gambie 2016, des dirigeants de partis politiques, ainsi que les représentants des plus importantes organisations de la société civile, des membres du corps diplomatique ainsi que les principaux responsables gouvernementaux, en vue de leur présenter ses objectifs et d’obtenir leur adhésion à son projet de dialogue politique. L’existence de la Coalition Gambie 2016 était clairement menacée en raison de désaccords idéologiques fondamentaux au sein du groupe, et de l’absence d’une vision commune pour l’avenir du pays. La Gambie pâtissait de cette mésentente entre les membres de la Coalition qui étaient également membres du gouvernement depuis février 2017. Lors de leurs discussions avec HD, toutes les parties prenantes ont cependant réaffirmé qu’il était essentiel de conserver la Coalition et de s’inspirer pour cela de l’expérience d’autres pays africains.

HD a par ailleurs invité les partis politiques à discuter entre eux en insistant sur la nécessité de développer des mécanismes de dialogue au-delà des clivages politiques. À l’issue de ces rencontres, les principaux acteurs se sont entendus sur la tenue d’un processus de dialogue et de réunions interpartis dans le cadre du CIP.

Suite à ces premières avancées, HD a organisé deux tables rondes sur la question de la gestion d’une coalition et celle du dialogue interpartis. 

La première table ronde en juin 2017 à Banjul a rassemblé des membres de la Coalition Gambie 2016 et des experts en gestion de coalition venus du Kenya, du Nigeria et du Zimbabwe. Le but était d’étudier les accords de coalition élaborés par d’autres pays africains et les crises sociopolitiques qu’ils avaient traversées afin d’en tirer des enseignements. Au terme de la rencontre, les membres de la Coalition ont convenu de jeter des ponts entre les différents partis politiques du pays en organisant régulièrement des réunions au sein du CIP et en mettant en œuvre un dialogue national en vue de maintenir la paix et la stabilité du pays.

Lors de la seconde table ronde, en août 2017, toutes les formations politiques de Gambie ont réfléchi aux mesures à mettre en place pour que le CIP puisse remplir sa mission première, qui est de favoriser la collaboration entre les partis et d’émettre des propositions sur des problématiques clés. À l’issue de la rencontre, les participants ont élaboré un plan d’action dans le prolongement du protocole d’entente signé en mars 2017.

HD continue à suivre les résolutions adoptées au cours des deux tables rondes et des consultations qui ont eu lieu depuis lors. L’organisation veille en particulier à maintenir le dialogue entre les membres de la Coalition Gambie 2016 et à faciliter un dialogue politique entre tous les partis du pays et les membres du CIP. HD offre en outre au CIP un soutien dans le domaine du renforcement de ses capacités.

Soutien financier

HD souhaite exprimer sa reconnaissance à l’Union européenne, pour son soutien à ses activités en Gambie.