Mali

HD est présent au Mali depuis 2011. Dans un premier temps, son intervention a porté essentiellement sur les efforts de résolution et de prévention des conflits intercommunautaires menés dans le pays. Pour contribuer au processus de paix malien, l’organisation a par la suite développé son action en fournissant un soutien à la médiation, sous la forme de conseils techniques et stratégiques, aux parties engagées dans les négociations qui ont abouti à la signature de l’Accord d’Alger, en juin 2015. HD travaille également avec des représentants de la société civile du nord et du sud du pays ainsi qu’avec des réfugiés se trouvant dans les pays voisins afin de favoriser la compréhension de leurs préoccupations et d’encourager leur adhésion et leur participation au processus de paix. L’organisation a par ailleurs amorcé un dialogue entre plusieurs communautés religieuses dans le but d’aborder les sujets de discorde et d’atténuer les tensions. Enfin, HD soutient également le développement de réseaux de leaders communautaires dans le nord du pays pour contribuer à apaiser certains conflits locaux.

Historique

Suite à la rébellion survenue dans le Nord-Mali en janvier 2012 et le coup d’État militaire qui s’en est suivi à Bamako en mars 2012, un fragile processus de paix a été entrepris par le Burkina Faso. Ces efforts ont abouti en juin 2013 à la signature de l’Accord de Ouagadougou entre le gouvernement et certains des groupes armés, ce qui a permis la tenue d’élections locales et nationales.

Cependant, après l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta à la présidence en septembre 2013, le processus de paix est resté au point mort. Il a été relancé en février 2014 sous les auspices de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le processus s’est toutefois heurté à l’inertie du gouvernement, à la fragmentation des mouvements armés et à la multiplication de tentatives extérieures de faciliter le processus.

En mai 2014, la victoire militaire des forces rebelles contre l’armée malienne à Kidal, suivie d’un cessez-le-feu négocié par la Mauritanie, a donné un nouvel élan au processus de paix. Sous l’égide de l’Algérie, devenue le médiateur principal du processus, une déclaration commune a été signée en juin 2014 par toutes les parties concernées. Le texte engageait les mouvements armés à mener avec le gouvernement un dialogue facilité par l’Algérie, en coordination avec d’autres acteurs de la médiation issus de la communauté internationale (notamment la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine et les Nations Unies). Ce dialogue, connu sous le nom de « processus d’Alger », était fondé sur une feuille de route englobant les questions de politique, de sécurité, de justice et de développement socio-économique.

En août 2014, lors d’une réunion organisée par HD avec le soutien de la MINUSMA, les principaux mouvements armés participant au processus d’Alger ont signé un pacte de non-agression (appelé Déclaration de Ouagadougou) dans le but de mettre fin aux hostilités dans le Nord-Mali et de présenter une position unie pour mener à bien le processus. Ces engagements ont cependant été de courte durée car les mouvements se sont fragmentés peu après, donnant naissance à des groupes dissidents.

Le processus d’Alger s’est néanmoins poursuivi, donnant lieu à la signature de l’Accord d’Alger, le 20 juin 2015 à Bamako.

Il reste toutefois beaucoup à faire pour garantir une paix durable dans le Nord-Mali. Le partage du pouvoir et des richesses exige des accords détaillés et un modèle de décentralisationdoit être élaboré dans le cadre  d’une réforme du cadre constitutionnel. Il est également indispensable de procéder à la démobilisation des mouvements armés et à leur réintégration dans la société, et de mener un véritable processus de justice transitionnel. Même si ce processus a commencé avec la création d’une Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), les Maliens devront veiller à ce que celle-ci adopte une démarche équitable, inclusive et représentative afin d’ouvrir la voie à une véritable réconciliation.

En outre, pour que l’Accord d’Alger soit durable et obtienne l’adhésion de la société civile, il sera nécessaire de soutenir son mécanisme de contrôle, et de promouvoir une politique de développement crédible pour le Nord-Mali.

Activités

Le projet de HD au Mali contribue au processus de paix en faisant appel à l’expertise technique de l’organisation mais aussi à sa capacité d’entrer en contact avec toutes les parties exerçant une influence sur le cours du conflit. Le projet vise à renforcer les capacités de négociation des mouvements armés et des acteurs étatiques participant aux pourparlers de paix tout en veillant à inclure la société civile dans le processus et à gagner son adhésion.

HD coopère avec tous les signataires de l’Accord d’Alger, c’est-à-dire les deux mouvements armés et le gouvernement. Lors du processus de négociation, la priorité de l’organisation a été de s’assurer que les différents acteurs possédaient les compétences nécessaires pour y participer efficacement. Depuis la signature de l’accord, en juin 2015, HD s’efforce de créer et de soutenir des espaces de dialogue entre les signataires de façon à ce qu’ils aient une compréhension commune de l’accord et s’entendent  pour le mettre en œuvre. Au cours du deuxième semestre 2015, l’organisation a également aidé les signataires en se rendant dans le Nord-Mali pour expliquer le contenu du texte à leurs communautés

Dans le cadre de sa démarche d’inclusion, HD a invité des femmes et des jeunes du nord et du sud du Mali à participer à des forums de discussions avec différents leaders et autorités locaux afin de leur donner l’opportunité d‘exprimer leur point de vue et leurs préoccupations concernant le processus de paix et l’avenir du Mali. Ces forums visent à promouvoir une approche inclusive du processus de paix, ce qui est essentiel pour trouver une solution durable et obtenir le soutien de la société civile.  Lors de ces discussions, HD met à la disposition des participants des experts techniques qui les aident à définir leurs revendications.

Par ailleurs, HD a facilité plusieurs processus de dialogue entre certaines communautés du nord et du centre du Mali (par exemple, entre les communautés arabe et touareg d’Ansongo et de Bourem ou entre les communautés peule et dogon de la région de Mopti), qui ont abouté à la signature d’accords locaux et d’engagements verbaux à recourir à des moyens pacifiques pour atténuer les tensions intercommunautaires.

HD a également mis en place des réseaux de chefs religieux dans plusieurs régions (Mopti, Gao et Tombouctou) afin d’aider ces derniers à mieux comprendre le processus de paix national, mais aussi à régler les divergences d’ordre religieux au sein de leurs communautés et à jouer un rôle dans la pacification du pays.

En 2018, HD poursuit ses initiatives de soutien à la paix au Mali en continuant notamment à mettre son expertise à la disposition des différents segments de la société malienne.

Actualités

Soutien financier

Ce projet est soutenu par l’ambassade du Danemark à Bamako, à qui HD souhaite exprimer sa gratitude.

Accords et déclarations

Galerie de photos

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