Libye

Présent en Libye depuis avril 2011, HD s’efforce de trouver une solution durable à la crise qui frappe le pays. L’organisation joue un rôle de médiation entre les parties au conflit les plus influentes afin de renforcer les institutions nationales et locales qui fournissent des services de première nécessité aux citoyens.

Début 2018, HD a été mandatée par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Libye, Ghassam Salamé, pour mener le processus préparatoire de la Conférence Nationale, une série de consultations publiques  qui seront organisées de manière indépendantes par des institutions libyennes entre avril et juin 2018. Ces consultations ont pour objectif d’aborder des préoccupations fondamentales pour les libyens parmi lesquelles les priorités du gouvernement, les questions de sécurité et de défense, les structures de gouvernance, ainsi que les processus constitutionnel et électoraux. Le Processus de la Conférence Nationale, qui fait partie intégrale du plan d’action des Nations Unies en Libye, est soutenu par HD, et conduit en coordination étroite avec la MANUL.

Historique

Le 15 février 2011, d’importantes manifestations réclamant le départ de Mouammar Kadhafi ont éclaté en Libye, gagnant rapidement tout le pays. Le mouvement de contestation s’est déroulé pacifiquement jusqu’au 17 février, date à laquelle les forces fidèles au pouvoir ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant des centaines de personnes et provoquant la démission de plusieurs membres du gouvernement,  de plusieurs diplomates libyens et de membres des forces de sécurité de l’est du pays.

Suite à de violents combats qui ont causé de nombreuses victimes dans les deux camps, les forces révolutionnaires ont fait tomber les derniers bastions pro-Kadhafi à Syrte le 20 octobre. Le dirigeant libyen a été capturé et tué alors qu’il tentait de fuir la ville.

Pendant la guerre civile, les institutions nationales ont été détruites, et le pays est devenu un véritable arsenal à ciel ouvert, livré à une multitude de milices lourdement armées. Faute de capacités nécessaires pour imposer son autorité sur l’ensemble du territoire, le nouveau gouvernement s’est révélé incapable d’assurer la sécurité de la population. Depuis la révolution, la Libye est en proie à des violences permanentes tandis que l’insécurité freine le développement économique du pays et accentue son instabilité politique.

En mai 2014, la Libye est entrée dans une nouvelle phase de graves affrontements suite l’opération Dignité (Karama), menée dans l’Est du pays, puis l’opération Aube de la Libye (Fajr Libya), dans l’Ouest. Ces opérations militaires, ajoutées à un différend politique au sujet des élections législatives de juillet 2014, ont divisé de facto le pays, désormais doté de plusieurs parlements et gouvernements rivaux.

L’Accord politique libyen (APL) négocié en 2015 par les Nations Unies représentait une chance de mettre fin au chaos politique qui régnait dans le pays. Il a cependant été rejeté par des acteurs politiques et militaires clés. La population civile, de son côté, avait de plus en plus le sentiment que le nouveau gouvernement créé était incapable de fournir les services de première nécessité. Au cours du second semestre 2016, deux événements ont contribué à anéantir les espoirs suscités par l’APL : la Chambre des représentants de l’est du pays a refusé de reconnaître le « gouvernement d’union nationale » et, en septembre, les forces du général Haftar ont pris le contrôle du Croissant pétrolier. L’avancée de Haftar a semé la confusion dans l’ouest du pays. Suite à une tentative de prise du pouvoir menée en octobre par Khalifa Al-Ghowel, l’ancien Premier ministre du gouvernement de Tripoli, des affrontements entre les différentes milices ont éclaté en décembre à Tripoli. En outre, les coupures d’électricité et le manque de liquidités en dépôt dans les banques ont entraîné un large mécontentement populaire. Enfin, le nombre de morts liés au conflit a augmenté durant le dernier trimestre de l’année, atteignant des niveaux jamais enregistrés depuis 2014.

En mars 2017, la Chambre des représentants libyenne a voté le retrait du processus de médiation en cours et le rejet du Conseil présidentiel reconnu par la communauté internationale, portant ainsi un coup terrible à l’APL. De nouveaux affrontements militaires dans le Croissant pétrolier ont par ailleurs laissé craindre un nouveau conflit en Libye. Faute d’obtenir l’adhésion nécessaire, le processus mené par les Nations Unies n’a pas abouti. Aujourd’hui, le conflit se poursuit, ainsi que les efforts des Nations Unies pour le résoudre.

Activités

En avril 2011, alors que les affrontements entre le régime de Kadhafi et les forces révolutionnaires étaient à son paroxysme, HD a lancé un processus d’évaluation afin d’identifier d’éventuelles opportunités d’intervenir en Libye. Constatant que de graves fractures au sein de la société libyenne étaient susceptibles d’engendrer des conflits une fois la guerre civile terminée, l’organisation a entrepris d’ouvrir  un dialogue entre les parties prenantes.

Dans cette optique, HD s’est concentré sur le règlement des conflits et des problèmes nationaux affectant la stabilité du pays mais aussi sur les conflits locaux.

En 2011, l’organisation a mis sur pied une série d’événements pour aborder certains des principaux points de désaccord relatifs au processus de transition nationale. Organisés dans des lieux stratégiques du pays, avec la participation de représentants des communautés et de la société civile de l’est, du sud et de l’extrême ouest de la Libye, ces événements se sont achevés par une conférence sur le processus constitutionnel libyen qui a réuni plus de cinquante acteurs politiques venus de l’ensemble du pays. HD a également organisé des cycles de dialogue sur la question du processus de justice transitionnelle ainsi que sur le projet de loi d’exclusion politique, texte controversé prévoyant d’interdire à toute personne ayant été associée au régime de Kadhafi d’occuper des postes à responsabilité dans la politique ou l’administration. En coordination avec la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), HD a également fourni une assistance technique lors du processus de dialogue national libyen. Dans un premier temps, HD a contribué au regroupement des différentes initiatives de dialogue national menées dans le pays et a promu la coordination entre ces projets et d’autres aspects centraux du processus de transition.

En parallèle, HD a noué des contacts étroits avec les principaux  groupes de médiateurs libyens, formés de leaders tribaux et religieux appelés  « Hukama » (les sages), et a coopéré avec un groupe de médiateurs actifs dans des conflits régionaux. À Sebha, région frappée par des cycles de violences intercommunautaires depuis la révolution de 2011, la médiation des Hukama, appuyée par HD, a abouti  en avril 2012 à un accord de paix.

L’organisation a poursuivi son action à Sebha jusqu’à la fin de l’année 2013. En septembre, elle a organisé une table ronde à Tripoli sur le thème « Promouvoir la stabilité et renforcer la paix à Sebha ». À cette occasion, les participants ont décidé de constituer un groupe de travail visant à favoriser la cohésion sociale et l’inclusion dans la région. Lorsque de nouvelles violences ont éclaté à Sebha en janvier 2014, les réseaux établis par HD ont pu enclencher des négociations qui ont abouti à un cessez-le-feu.

En 2014 et 2015, alors que les combats en Libye s’intensifiaient, l’organisation a concentré ses efforts sur la résolution des dimensions politiques et militaires du conflit national. Elle a notamment intégré le point de vue de personnalités locales influentes aux efforts de dialogue national en vue de régler le conflit.

HD a également mené une action visant à améliorer l’accès humanitaire dans les zones de conflit libyennes. En décembre 2015, l’organisation a tenu une table ronde sur la situation humanitaire et sécuritaire à Benghazi et, en mars 2016, elle a facilité l’adoption d’un Appel humanitaire pour Benghazi par de nombreuses personnalités influentes de la ville.

HD travaille également à la conclusion d’accords sur la gouvernance de régions précédemment contrôlées par le groupe  « État islamique » (EI). Quelques jours après la défaite de l’EI à Syrte, l’organisation a facilité un dialogue entre les représentants élus de la ville sur les conditions politiques à définir pour entamer la reconstruction.

L’Accord politique libyen (APL) négocié en 2015 par les Nations Unies représentait une chance de mettre fin au chaos politique qui régnait dans le pays depuis 2014. Au début de l’année 2016, HD a donc entrepris des discussions avec les acteurs sociaux, politiques et du secteur de la sécurité qui étaient opposés à cet accord. Cependant, face aux nouveaux obstacles rencontrés par l’APL (notamment la prise d’un terminal pétrolier situé dans le golfe de Syrte par l’Armée nationale libyenne, menée par le général Haftar), l’organisation a réorienté son action pour rechercher des moyens d’enrayer l’escalade du conflit en Libye. Ces efforts ont abouti au lancement d’un processus de dialogue national réunissant les acteurs les plus influents du pays dans le but d’atténuer les tensions et de garantir la stabilité nationale.

En 2016 et 2017, ce dialogue national a donné naissance à des recommandations visant à résoudre durablement la crise libyenne. Celles-ci portaient sur la nécessité de soutenir les autorités locales telles que les municipalités, qui parvenaient mieux que d’autres instances à fournir des services de base aux citoyens, et de renforcer les institutions nationales essentielles telles que les compagnies de distribution d’eau et d’électricité et les institutions financières.

En 2017, la nomination de Ghassan Salamé, ancien membre du Conseil de fondation de HD, comme représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Libye, a permis à l’organisation de participer plus activement au processus de dialogue politique dirigé par l’ONU. Tout en conservant une stricte indépendance à l’égard des Nations Unies,  HD est désormais mieux à même de conseiller ces acteurs lors de leurs initiatives de médiation.

En décembre 2017, HD a réuni plus de 90 maires et autorités locales de toutes les régions de Libye (sur un total de 108) pour débattre de la crise qui frappe le pays et des moyens qu’ils pourraient mettre en œuvre pour subvenir aux besoins de leurs citoyens. C’était la première fois depuis la révolution qu’un groupe aussi nombreux et varié de représentants de l’administration était réuni.

Les participants ont élaboré une déclaration commune appelant à « l’unité, la souveraineté et la décentralisation de la Libye » en vue de « mettre fin au conflit et de sauver la nation ». Dans cette déclaration, les représentants locaux ont souligné leur détermination à trouver une solution durable au conflit et ont exigé de participer à toutes les initiatives futures visant à résoudre la crise.

Début 2018, HD a été mandatée par Ghassam Salamé pour mener le Processus de la Conférence Nationale, une série de consultations publiques  qui seront organisées de manière indépendantes par des institutions libyennes entre avril et juin 2018. Ces consultations ont pour objectif d’aborder des préoccupations fondamentales pour les libyens parmi lesquelles les priorités du gouvernement, les questions de sécurité et de défense, les structures de gouvernance, ainsi que les processus constitutionnel et électoraux. Le Processus de la Conférence Nationale, qui fait partie intégrale du plan d’action des Nations Unies en Libye, est soutenu par HD, et conduit en coordination étroite avec la MANUL. Les résultats de ces consultations publiques constitueront les fondements des discussions entreprises lors de la session plénière de la Conférence Nationale qui se déroulera sous l’égide du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Libye.

Signing of the Sabha Peace Agreement

Soutien financier

HD tient à remercier l’Union européenne pour le généreux soutien qu’elle apporte à ce projet depuis 2012. L’organisation souhaite également exprimer sa reconnaissance au Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse et au ministère allemand des Affaires étrangères, qui accompagnent actuellement cette initiative. HD a en outre bénéficié du soutien du ministère italien des Affaires étrangères en 2016 et 2017, du ministère néerlandais des Affaires étrangères en 2011 et du ministère norvégien des Affaires étrangères.

Accords et déclarations

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