Kenya

La crise qui a embrasé le Kenya suite aux résultats contestés des élections présidentielles de décembre 2007 a causé la mort de plus de 1 000 personnes et le déplacement de centaines de milliers d’autres. À la demande de Kofi Annan, HD a soutenu le groupe d’éminentes personnalités africaines conduit par l’ancien secrétaire général des Nations Unies dans ses efforts de médiation de la crise kényanne.          

Contexte

Lorsque, le 27 décembre 2007, le président Mwai Kibaki a été réélu président du Kenya, le Mouvement d’opposition ODM (Orange Democratic Movementm – ODM) et son leader, Raila Odinga, ont rejeté les résultats et crié à la fraude électorale. Cette contestation a déclenché une crise politique et provoqué des explosions de violences dans de nombreuses régions du pays.

Face à la déstabilisation du pays, livré à des affrontements d’une gravité sans précédent, des dirigeants régionaux et internationaux ont promptement réagi afin de trouver une solution à la crise. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce des résultats, l’escalade de violence s’est poursuivie et l’ampleur de la crise de gouvernance est apparue plus nettement. Suite à l’échec de plusieurs tentatives de médiation, le président du Ghana, John Kufuor, en sa qualité de président de l’Union africaine, a fait appel au Groupe d’éminentes personnalités africaines dirigé par Kofi Annan, qui compte notamment parmi ses membres Graça Machel et l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa. Le Groupe a réuni les équipes de négociation du gouvernement/Parti de l’unité nationale (Party of National Unity, PNU) et de l’ODM dans le cadre du processus de dialogue et de réconciliation nationale.

Activités

Le processus de dialogue et de réconciliation nationale du Kenya a réuni l’ODM, le PNU ainsi que leurs partenaires de la coalition gouvernementale autour d’un ordre du jour en quatre points visant à surmonter la crise : 1) Action immédiate pour faire cesser les violences et rétablir les libertés et les droits fondamentaux ; 2) Mesures immédiates pour résoudre la crise humanitaire et promouvoir la réconciliation et l’apaisement; 3) Résolution de la crise politique en cours ; et enfin 4) Problèmes et solutions sur le long terme.

Les discussions ont tout d’abord porté sur les dispositions à prendre pour mettre fin aux violences et rétablir les droits fondamentaux et les libertés civiles. Les participants au dialogue ont ensuite abordé les mesures à adopter immédiatement pour régler la crise humanitaire et promouvoir la réconciliation et l’apaisement, avant d’aborder la question de la crise électorale.

Le processus a donné lieu à la signature, le 28 février 2008, d’un accord de partage du pouvoir entre le président Mwai Kibaki et le leader de l’ODM, Raila Odinga. L’arrangement prévoyait notamment la création d’un poste de Premier ministre et l’inscription de l’accord dans la Constitution.

Suite à la signature de ce premier accord, les négociations se sont poursuivies sur la résolution des  problèmes de long terme. Les parties prenantes se sont accordées sur la création de trois commissions :

Une commission indépendante chargée d’examiner l’organisation et le résultat des élections, d’analyser la crise électorale, et d’émettre des recommandations en vue de la réforme du système électoral ;
Une commission d’enquête sur les violences postélectorales ;
Une commission vérité, justice et réconciliation.
Les parties au conflit se sont également engagées à mener un processus global de réforme constitutionnelle et se sont attelées au troisième point, la recherche de solutions pour dénouer la crise politique. Ces discussions ont abouti à deux accords et à un projet de loi instituant le gouvernement de coalition.

Le processus a pris fin le 30 juin 2008. Les parties ont alors réaffirmé les engagements pris en présentant une déclaration de principes et un cadre de mise en œuvre destinés à servir de feuille de route pour l’application des accords signés.

Accords et déclarations

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