République centrafricaine

Depuis plusieurs décennies, la République centrafricaine (RCA) subit des crises politico-militaires à répétition. Suite à des années de mauvaise gouvernance et de guerre civile, l’administration nationale est aujourd’hui défaillante et les services de base très limités en dehors de la capitale du pays, Bangui. La RCA doit non seulement aujourd’hui restaurer son système politique et gouvernemental, mais elle doit également reconstruire ses infrastructures, sans pour autant disposer des moyens nécessaires pour le faire.

HD est présent en RCA depuis 2007, ayant initialement contribué à un processus de dialogue politique inclusif (DPI) entrepris dans le pays. À la demande officielle du président de la République, HD a entrepris, en mars 2014, d’aider les autorités de transition du pays à concevoir et mettre en œuvre un processus de dialogue politique et de réconciliation nationale durable.

Ce travail a abouti à l’organisation de consultations populaires dans tout le pays, qui ont servi de prélude au Forum national de Bangui. Ce forum, qui s’est déroulé du 4 au 11 mai 2015, a permis la signature historique d’un Pacte républicain pour la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction et d’un Accord sur les principes de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) entre le gouvernement et neuf des groupes d’opposition armée ayant participé aux rencontres. Un référendum pacifique portant sur une nouvelle Constitution ainsi que des élections législatives et présidentielles ont suivi, marquant ainsi la fin de la période de transition, en mars 2016.

En novembre 2016, HD a participé à l’organisation d’une conférence de bailleurs de fonds à Bruxelles, durant laquelle les donateurs se sont engagés à verser à la RCA un montant de 2,268 milliards de dollars sur une période de trois ans afin d’aider le gouvernement élu dans ses efforts de reconstruction du pays.

Historique

Le général François Bozizé s’est emparé du pouvoir en 2003, avant d’être élu président en 2005. En 2007, il a entamé un processus de dialogue politique inclusif (DPI) afin de réconcilier les nombreuses entités politiques et armées du pays, et a signé des accords de paix avec deux des groupes rebelles. La même année, il a sollicité l’aide de HD pour organiser ce processus.

Le processus de DPI, qui s’est déroulé tout au long de l’année 2008, a réuni près de 200 participants. Il a donné naissance à une série de recommandations conçues pour ouvrir la voie à la stabilisation, au dialogue et à la réconciliation au sein du pays. Malheureusement, l’échec du gouvernement à appliquer ces recommandations a plongé la RCA dans un nouveau cycle de conflits.

En mars 2013, le groupe rebelle Séléka a chassé du pouvoir le président Bozizé, rompant un équilibre déjà fragile dans le pays. Cet événement a provoqué des violences sectaires entre la coalition Séléka, pro-musulmane, et les milices pro-chrétiennes anti-balaka. Le nouveau gouvernement Séléka, dirigé par Michel Djotodia, s’est révélé incapable d’enrayer la spirale de violence qui a ravagé le pays. Neuf mois après sa prise de pouvoir, il a été contraint à la démission par les leaders régionaux.

En janvier 2014, le Parlement centrafricain a élu Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, à la présidence du gouvernement de transition. La priorité de ce gouvernement de transition était de mettre fin aux violences en RCA et, avec le soutien de forces internationales de maintien de la paix, de promouvoir la réconciliation nationale et d’organiser des élections présidentielles crédibles.

Un accord de cessation des hostilités a été signé à Brazzaville en juillet 2014. Il s’agissait là de la première des trois étapes d’un plan de rétablissement de la paix adopté par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Malheureusement, cette phase initiale importante du processus de Brazzaville n’a pas été entièrement respectée. Les pourparlers de paix se sont cependant poursuivis, tandis que des Casques bleus et des forces françaises de maintien de la paix étaient déployés dans le but de stabiliser le pays.

La situation en RCA a fini par s’apaiser vers la fin de l’année 2014, ce qui a permis l’organisation de consultations populaires dans l’ensemble du pays durant le premier trimestre 2015 (dans le cadre de la deuxième phrase du processus de Brazzaville). Le but de ces consultations était de recueillir l’avis de la population centrafricaine sur le conflit ainsi que ses griefs, mais aussi de préparer la troisième étape du processus de Brazzaville : le Forum national de Bangui. Ce forum, qui s’est déroulé en mai 2015, a réuni 700 Centrafricains de toutes les régions du pays et de toutes origines pour trouver des solutions durables à des années d’instabilité récurrente. Il a abouti à la signature d’un Pacte républicain et d’un accord national de DDRR. Le Pacte républicain porte sur des sujets tels que la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, la révision du code de la nationalité, la réforme du secteur de la sécurité et l’amélioration de la transparence dans la gestion des affaires de l’État.

En raison du climat d’insécurité et de problèmes logistiques, la commission électorale du pays a dû modifier le calendrier électoral à plusieurs reprises. Le référendum sur la nouvelle Constitution a finalement eu lieu le 13 décembre 2015. La Constitution a été approuvée par 93 % des votants.

Les élections présidentielles et législatives se sont tenues le 30 décembre de la même année. Élu président, le professeur Faustin-Archange Touadéra a été investi le 30 mars 2016. Le 3 mai 2016, le nouveau Parlement a élu un bureau de onze membres dirigé par le musulman Karim Meckassoua, un ancien candidat à l’élection présidentielle. En vertu de la nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 30 mars 2016, le président de l’Assemblée nationale est le deuxième personnage de l’État centrafricain. 

Cérémonie de clôture du Forum de Bangui, 11 mai 2015

La tenue des élections générales a marqué la fin de la phase de transition en RCA et la pleine application de la feuille de route pour la paix adoptée à Brazzaville. Cependant, il reste au nouveau gouvernement du président Touadéra de nombreux défis à relever, tels que le désarmement des groupes armés illégaux, la réforme du secteur de la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État, l’amélioration de la fourniture de services, le traitement des demandes de justice et de réparation, la réfection des infrastructures détruites, le retour des réfugiés et des personnes déplacées ainsi que le problème du chômage des jeunes.

Pour mener à bien ces tâches difficiles, le gouvernement élu de Faustin-Archange Touadéra a développé un plan de redressement et de reconstruction sur cinq ans, qu’il a présenté à Bruxelles lors d’une conférence de bailleurs de fonds en novembre 2016. En mobilisant 2,268 milliards de dollars pour trois ans, la communauté internationale a prouvé sa volonté de contribuer à mettre un terme au cycle de violences en RCA. Par ailleurs, les quatorze groupes armés connus ont tous adhéré au processus de DDRR entrepris par le gouvernement élu.

Activités

Dans le cadre du mandat qui lui a été confié par le président Djotodia puis par la présidente Samba-Panza, HD a joué un rôle de conseil auprès des autorités de transition en apportant un soutien et des suggestions techniques dans trois domaines clés : la mise en place d’un processus de dialogue politique efficace, la hiérarchisation des besoins dans le cadre de la gigantesque entreprise de reconstruction nationale à mener, et la préparation d’un processus de réconciliation durable.

La plupart des problèmes qui menacent l’avenir de la RCA ne pourront être résolus que par le biais d’un dialogue politique efficace. HD s’efforce d’instaurer ce dialogue en établissant des contacts permanents entre les parties prenantes centrafricaines afin qu’elles puissent résoudre les difficultés majeures auxquelles le pays est confronté. L’organisation a ainsi mis sur pied une série de réunions et d’ateliers stratégiques conçus pour faciliter ce processus tout au long de l’année 2014. En juin 2014, elle a notamment réuni, avec le soutien de l’Union européenne, 30 personnalités représentant tous les courants politiques de la RCA. Cet atelier décisif a permis d’identifier les principaux points de désaccord qui constituent le programme des discussions politiques en cours.

Une réunion avec les représentants des institutions de transition (Cabinet du président, gouvernement, Parlement de transition, Cour constitutionnelle, Autorité électorale et Haut conseil de la communication) a par la suite également été organisée pour ménager un espace de dialogue et développer une vision commune de la feuille de route de la transition. HD a soutenu les travaux de la Commission préparatoire, du Comité d’organisation technique et du Présidium du Forum de Bangui en veillant à ce que la participation au forum soit inclusive et en établissant un programme sur la base des résultats des consultations populaires. L’organisation a également participé à l’élaboration du Pacte républicain et a été témoin de la signature de l’accord de DDRR entre le gouvernement de transition et neuf groupes armés.

Dans le prolongement du Forum de Bangui, HD a organisé une série de dialogues, au niveau national et infranational, avec des membres de la société civile, des médias et des groupes armés ainsi que des diplomates africains, des experts nationaux et des leaders communautaires musulmans sur des questions telles que la réforme de la Constitution nationale (approuvée par la suite lors d’un référendum), le processus de DDRR, le pastoralisme comme source de tensions, le calendrier électoral, mais aussi les besoins et les attentes en matière de justice transitionnelle. L’organisation a également apporté un soutien technique et proposé des séances de renforcement des capacités aux membres du comité mis en place pour surveiller la mise en œuvre des décisions du Forum national de Bangui. Elle a par ailleurs émis des recommandations et traduit le Pacte républicain et l‘accord de DDRR en sango, la langue locale, afin d’en favoriser la diffusion.

Pour contribuer au déroulement pacifique des élections, HD a organisé un dialogue public en partenariat avec l’université de Bangui afin de débattre des conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible. L’organisation a également traduit le projet de Constitution en sango. De plus, elle a apporté son soutien à des journalistes dans l’élaboration et l’adoption d’un code de déontologie pour la couverture des élections, et a financé deux postes au sein du service de surveillance de l’Observatoire des médias afin de garantir le strict respect de ce code. HD a par ailleurs publié des éditions spéciales de sa lettre d’information bimensuelle, Patara (« Dialogue » en sango), pour exposer aux électeurs les enjeux du référendum et des élections générales, et a organisé des séances de formation à l’attention des agents chargés par les candidats à l’élection présidentielle de superviser le scrutin. En partenariat avec le Haut conseil de la communication, l’organisation a outre orchestré le tout premier débat en direct entre deux finalistes de l’élection présidentielle. Diffusé par la télévision et la radio nationale ainsi que par 17 stations de radio communautaires, le débat a pu être suivi sur 95 % du territoire national.

Le gouvernement élu du président Touadéra a renouvelé le mandat de HD, qui continue à lui apporter son soutien dans les nombreux défis qu’il a à relever. HD a participé à l’organisation de la conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles, durant laquelle les donateurs se sont engagés à verser à la RCA un montant de 2,268 milliards de dollars sur une période de trois ans afin d’aider le gouvernement dans ses efforts de reconstruction du pays. À l’heure actuelle, HD apporte son soutien au Comité stratégique de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (l’organe décisionnel le plus élevé dans le domaine du DDRR, dirigé par le chef de l’État) et au Comité de pilotage pour la création d’une Commission vérité et réconciliation visant à renforcer le processus de réconciliation en cours dans le pays.

Soutien financier

Cette initiative est soutenue par l’Union européenne, à qui HD souhaite exprimer sa gratitude.

Accords et déclarations

Publications sur ce thème

Actualités sur ce thème

Audio

  • Conférence-débat à l’université de Bangui sur le thème « Diplomatie et développement : Réflexion sur une nouvelle approche pour le relèvement de la RCA », qui s’est tenue le 15 janvier 2016 de 10 h à 12 h 30 (enregistrement extrait du journal de Radio Centrafrique, le 16 décembre à 7 h).