République centrafricaine – 2007/2008

La République centrafricaine (RCA) subit des crises politico-militaires persistantes depuis de nombreuses années. En 2007, le président François Bozizé a plaidé en faveur d’un processus de dialogue politique inclusif (DPI) afin de réconcilier les nombreuses entités politiques et armées du pays, et a signé des accords de paix avec deux groupes rebelles. Suite une évaluation menée en juillet 2007 et une réunion de concertation dirigée par HD en août 2007 à Bangui, le président a sollicité l’aide de l’organisation pour mettre sur pied le processus de DPI et étudier la situation politique, économique et sociale de l’ensemble du pays.

Historique

La République centrafricaine (RCA) est un État fragile dont les infrastructures sont à la peine et où les services de base sont quasi inexistants en dehors de la capitale. La situation humanitaire s’est dégradée avec le déclenchement de rébellions armées et les activités de plusieurs bandes criminelles dans le nord du pays, qui ont entraîné le déplacement d’environ 300 000 personnes, laissant certaines parties du pays désertes. En 2003, François Bozizé s’est emparé du pouvoir, avant d’être élu président en 2005.

En 2007, le président Bozizé a plaidé en faveur d’un processus de dialogue politique inclusif (DPI) afin de réconcilier les nombreuses entités politiques et armées du pays. Il a également signé des accords de paix avec deux groupes rebelles. Suite une évaluation menée en juillet 2007 et une réunion de concertation dirigée par HD à Bangui le mois suivant, le président a sollicité l’aide de l’organisation pour mettre sur pied le processus de DPI et étudier les conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles se trouvait l’ensemble du pays.

La situation politique de la région et l’insécurité qui caractérisait les pays voisins ont exacerbé l’instabilité de la RCA. En effets, les conflits du Tchad, du Soudan et de la République démocratique du Congo, dont les violences menaçaient de traverser les frontières, ainsi que la prolifération des armes légères et les déplacements des combattants de part et d’autre des zones de conflits, accentuaient encore la vulnérabilité du pays.

Activités

L’objectif de HD, en tant qu’organisateur et soutien du processus de DPI, était de favoriser et de faciliter l’inclusion de représentants de différents groupes et du principal courant d’opposition dans un processus politique national. L’organisation a mené ces efforts en collaboration avec le Bureau des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BONUCA) et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Les 23 et 25 août 2007, HD a dirigé à Bangui une réunion entre les groupes intéressés, et notamment plusieurs partis politiques et représentants de groupes politico-militaires. Suite à cette rencontre, qui a marqué le lancement de la première phase du DPI, le président Bozizé a sollicité l’aide de l’organisation pour mettre sur pied et faciliter le processus. Nommé président du Comité préparatoire du dialogue politique inclusif, HD a ouvert un bureau de liaison à Bangui en septembre 2007.

Ce Comité préparatoire du DPI, créé par décret présidentiel, a vu le jour le 18 décembre 2007. Il était composé de membres issus de la majorité présidentielle, de l’opposition démocratique, de la société civile et de trois des groupes rebelles : l’Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie (APRD), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). L’une des réussites majeures du comité a été de convaincre l’APRD de prendre part au processus, ce qui a ouvert la voie à un possible accord de cessez-le-feu et de paix.

La mission du Comité préparatoire s’est achevée comme prévu le 31 mars 2008, avec la présentation d’un rapport final au président Bozizé.

Armed groups in CAR, 2006

Suite à la visite à Libreville, au Gabon, d’une délégation du Comité préparatoire dirigée par HD, le gouvernement de la RCA et l’APRD ont signé le 9 mai 2008 un accord de paix sous les auspices du président gabonais Omar Bongo. Le 21 juin 2008, un accord de paix global a été conclu à Libreville entre le gouvernement de la RCA, l’APRD et l’UFDR. Le document stipulait qu’une amnistie générale serait accordée aux rebelles de façon à ce qu’ils puissent participer au dialogue politique inclusif à Bangui.

Afin d’appuyer le processus, HD a conservé son bureau de liaison à Bangui jusqu’au mois de juin 2008 et a facilité une série de consultations auprès d’acteurs régionaux pour veiller à ce qu’ils soutiennent le dialogue politique inclusif.

Une fois toutes les garanties juridiques et de sécurité mises en place pour l’ensemble des participants, le dialogue politique inclusif a commencé à Bangui en décembre 2008. Tous les acteurs de la crise en RCA étaient présents.

Parmi les résultats obtenus, les plus importants ont été la réaffirmation par la totalité des parties de leur engagement à respecter l’accord de paix global de Libreville et la formation d’un gouvernement comprenant chacune des entités politiques principales ayant participé au dialogue.

L’organisation s’est tenue à la disposition des parties pendant toute la durée du processus afin d’informer et de conseiller celles qui le souhaitaient. À la demande officielle du Comité d’organisation du dialogue politique inclusif, en novembre 2008, HD a également mandaté un de ses représentant pour faciliter le dialogue en RCA pendant une période trois semaines en décembre 2008, aux côtés des Nations Unies, de l’OIF et de l’Union africaine (UA).

Accords et déclarations

Autres ressources

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